La toile de la société civile


Que faut-il entendre par « société civile » ? Si l'on dit : l'État ou le gouvernement, on a une bonne idée. Si l'on dit l'armée, on sait encore bien ce à quoi réfère le mot. De même si l'on dit l'entreprise, qu'elle soit publique ou privée. Mais quand on a dit tout cela, on n'a pas encore évoqué le moteur central et dynamique qui actionne et magnifie l'énergie d'une société : sa vie culturelle et civique. C'est le lieu privilégié de l'initiative, de la créativité, du support social à tous les niveaux et de la masse inappréciable de toutes les sortes de bénévolat.


Sans la société civile et son organisation indépendante des réseaux d'état, que deviendraient les innombrables campagnes de souscription ? Que deviendraient les mouvements culturels sans l'apport bénévole des aînés ? Qu'adviendrait-il des festivals de chaque saison ? Combien de mouvements ne verraient jamais le jour qui, pourtant chauffent un peu le derrière des organismes gouvernementaux ou juridiques : prévention du crime juvénile, société du cancer, société du diabète, Baluchon Alzheimer, et combien d'autres sociétés parfois incorporées sous le nom de compagnies à but non lucratif, mais si souvent même pas incorporées du tout, mais donnant vie à tant de regroupements de formation, de solidarité et de promotion d'idées nouvelles.


Le Québec est regardé sur la scène mondiale pour la ferveur de sa société civile. Dans cette société civile, on ne peut qu'admirer la place que prennent ces personnes âgées expérimentées qui ont été écartées des listes de paye du travail organisé rémunéré, mais qui en ont encore pour plus de vingt ans à dynamiser différentes instances de la vie civile. Cet apport n'a malheureusement pas encore trouvé la façon d'être identifié, pesé, décrit et comptabilisé. Retirons la part des aînés de toute cette effervescence de la vie civile et nous verrons ce qu'il en sera de la société globale du Québec et de son État. Toute une toile que celle de la société civile.


On en donnera un micro-exemple au prochain billet sous le titre : Un « Success Story ».


Jean-Louis Lévesque