Déménager dans une résidence de retraite.

Quel espace faut-il ?



Le processus normal du vieillissement de l'être humain amène souvent des incapacités. Au Québec, 6,6% de la population âgée de 15 à 64 ans et 27,9% de la population âgée de 65 ans et plus présente une ou plusieurs incapacités. Ces données grimpent à 40,5% pour la population âgée de 75 ans et plus. Les trois types d'incapacités les plus fréquentes dans la population québécoise sont les incapacités liées à la mobilité (7,2%), à l'agilité (6,8%) ainsi qu'à la douleur (6,5%). Donc, les aînés québécois sont confrontés à une nouvelle réalité qui les oblige à réévaluer leur environnement, à devoir l'adapter ou à devoir le quitter pour trouver un autre domicile qui répondra à leurs besoins.


Par contre, les aînés préfèrent vieillir chez eux plutôt que dans une résidence de retraite, probablement parce que l'idée de déménager dans une résidence regroupant des personnes avec des caractéristiques communes (l'âge, la religion, le sexe, etc.) peut être perçue comme une forme de ségrégation de la société. Malgré tout, aujourd'hui les contextes urbains sont remplis de résidences de retraite qui, en principe, répondent aux « nouveaux besoins des aînés » particulièrement quand certains problèmes moteurs ou cognitifs sont manifestés. Mais les appartements offerts dans ces nouvelles résidences pour aînés ne sont pas très différents en termes d'accessibilité de ceux destinés à la population en général. Par exemple, la salle de bain d'un appartement pour personnes âgées dans une résidence de retraite est très similaire en dimension, en aménagement et en accessibilité que la salle de bain d'un appartement d'un jeune couple dans un immeuble d'habitation à Montréal.


Actuellement, la stratégie suivie par ces institutions pour répondre aux besoins des personnes âgées et pour promouvoir un vieillissement « actif et indépendant » est d'offrir des services (repas, entretien des chambres, aidants) pour « tout faire pour eux », plutôt que d'offrir des espaces qui répondent à leurs besoins et qui permettent une meilleure interaction avec leur environnement physique.